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Chêne ou douglas : quel bois pour une structure extérieure ?

Mis à jour le · 4 min de lecture

Charpente de chêne d'un carport, à la pose
Charpente de chêne d'un carport, à la pose.

Deux bois, deux logiques

Le chêne est un feuillu dense, au veinage marqué. Il se travaille en sections fortes et se prête aux assemblages traditionnels, tenons et mortaises chevillés, qui restent visibles dans l'ouvrage fini. C'est le bois des charpentes apparentes et des poteaux exposés.

Le douglas est un résineux, plus léger, qui donne des pièces longues et droites. Sa teinte va du rose saumon au brun orangé, avec des nœuds plus présents. Il s'emploie en charpente, en ossature et en bardage.

Les deux grisent à l'extérieur. Le choix tient donc moins à l'aspect à long terme qu'à l'exposition de chaque pièce, à l'effet recherché dans les premières années et au type d'assemblage.

La durabilité : ce que dit la norme EN 350

La norme européenne EN 350 classe la durabilité naturelle des essences face aux champignons, de la classe 1 (très durable) à la classe 5 (non durable). Elle porte sur le bois de cœur, le duramen ; l'aubier, la partie jeune et claire sous l'écorce, est considéré comme non durable (classe 5) pour toutes les essences.

ChêneDouglas
Durabilité face aux champignons (bois de cœur)classes 2 à 4classes 3 à 4
Imprégnabilité du bois de cœur4 : non imprégnable4 : non imprégnable
Aubiernon durable : à écarter en extérieur, ou à traiter

Deux conséquences pratiques. D'abord, le bois de cœur des deux essences est difficile à imprégner : un traitement de préservation ne pénètre guère au-delà de la surface, et la durée de vie se joue surtout sur le choix du bois et sur la conception. Ensuite, une pièce destinée à l'extérieur doit être choisie sans aubier, ou avec un aubier traité.

L'exposition décide : les classes d'emploi

La norme EN 335 classe les situations selon l'humidité que le bois subit : classe 2 pour une charpente à l'abri des intempéries, classe 3 pour un bois exposé qui sèche entre deux pluies (3.1 si l'eau ne stagne pas, 3.2 si elle peut stagner dans les assemblages ou le bois de bout), classe 4 pour un bois en contact avec le sol ou humide en permanence.

Le fascicule français FD P 20-651, repris par la Fédération nationale du bois, donne des ordres de grandeur de longévité pour des bois sans aubier. Le chêne y atteint plus de cent ans en classes 2 et 3.1, et cinquante à cent ans en classe 3.2. Le douglas atteint plus de cent ans à l'abri (classe 2), cinquante à cent ans en classe 3.1, dix à cinquante ans en classe 3.2, et moins de dix ans en classe 4. Ce sont des repères établis pour la France, pas des garanties.

En pratique, la conception compte autant que l'essence : poteaux décollés du sol sur un socle ou une platine, débords de toiture qui protègent les pièces, abouts et faces supérieures qui évacuent l'eau. Une pièce bien protégée change de classe d'emploi.

Ce que nous utilisons

Le chêne reste notre bois principal : charpentes apparentes, poteaux, sablières et fermes assemblés à tenons et mortaises chevillés. Il supporte d'être exposé, et ses fentes de séchage n'affectent pas la structure, calculée pour du bois massif (voir Le chêne vit).

Le douglas intervient pour certains carports et abris, pour des pièces protégées par la toiture, et en bardage : les cabanes sur pilotis du Domaine des Trois Tilleuls en sont bardées. Selon l'ouvrage et son exposition, nous travaillons aussi le mélèze et des bois exotiques durables comme l'iroko.

L'entretien, dans les deux cas

Laissés bruts, le chêne et le douglas grisent en quelques saisons. Ce grisaillement est une altération de surface qui n'affecte pas les propriétés mécaniques du bois. Une finition non filmogène peut le retarder, à condition d'être renouvelée. Le chêne a une particularité : riche en tanins, il peut tacher les supports en contrebas au début et noircir au contact du fer. Nous détaillons ces points dans Entretenir une structure en chêne.

Questions fréquentes

Le douglas est-il assez durable pour un carport ?

Son bois de cœur est classé moyennement à faiblement durable (classes 3 à 4 de la norme EN 350). Il convient aux pièces protégées par la toiture et décollées du sol, sans aubier ; pour les pièces très exposées ou au contact de l'humidité, le chêne est plus sûr.

Faut-il traiter le chêne ou le douglas ?

Le bois de cœur des deux essences est peu imprégnable : un traitement n'y pénètre guère. La durabilité vient surtout de l'essence, de l'absence d'aubier et d'une conception qui évite que l'eau stagne. L'aubier, non durable, s'écarte ou se traite.

Le chêne et le douglas grisent-ils ?

Oui, tous deux grisent à l'extérieur s'ils sont laissés bruts. C'est une patine de surface sans effet sur la résistance.

Vous hésitez entre chêne et douglas pour votre ouvrage ? Décrivez-nous son exposition : nous vous dirons ce que nous ferions.

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